d'après la Tétralogie de Wagner

Adaptation : Corinne Kemeny

(photo : Marinette Delanné)

« L'enfant divine devenue femme »

Wotan à Erda à propos de Brünnhilde - Siegfried, acte III, scène 1

« Le Ring de Wagner avec son monde enchanteur peuplé de Géants, de dragonset de nains me semblait idéal pour nourrir l’imaginaire théâtral des enfants. Une rencontre supplémentaire s’imposait : celle, stimulante, du monde des adultes.L’étrangeté et le merveilleux que véhicule le monde de la tétralogie naissait à mes yeux de ce choc entre personnages d’un âge différent.

Très vite, il m’est apparu important qu’à aucun moment les comédiens adultes ne traitent en "enfants" leurs partenaires juvéniles.

Une fois cette convention adoptée par tous, l’aventure pouvait commencer. Les situations du Ring, dont le sens reste préservé, gardent leur mystère et leur poésie malgré l’absence de la musique de Wagner.Cette musique, c’est ce rapport fascinant et troublant entre des comédiens si différents dans leur approche du jeu mais qui racontent ensemble la même histoire : la lutte pour le pouvoir et l’Or, qui détruit l’amour et la nature. C’est une équipe de vingt-six comédiens, dirigée dans un même sens, au service d’un même imaginaire.

J’ai également pensé, que les épreuves rencontrées par les héros, pouvaientêtre représentatives du passage de l’âge enfant à l’âge adulte. Ainsi, Brünnhilde, au spectacle de l’amour fou qui unit Siegmund à Sieglinde, va désobéir à son père Wotan et va être condamné à devenir une femme. Les Walkyries, qui sont pour moi des petits anges malfaisants et pervers, vont être interprétées par neuf comédiennes âgées de dix ans. Elles ont cette cruauté naïve et terrifiante nécessaire aux filles de Wotan.

C’est presque un jeu que d’aller chercher ces héros morts sur les champs de bataille pour en faire des "élus" dignes de Walhalla. »

Corinne Kemeny.

1997 - L'Anneau

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